François Joseph DEROUET

Herbier Derouet 
Cote : FPH-DER 1 à 180

                                                 HERBIER DEROUET 

DESCRIPTION

Du fait de son histoire, l’herbier Derouet se compose de plusieurs séries. 
La partie provenant du jardin botanique se compose de 80 boîtes et 9999 planches. Les dates extrêmes de collecte s’étendent de 1754 à 1864. 
La deuxième partie ayant été transférée à la bibliothèque municipale de Tours, puis au Museum d’histoire naturelle, puis déposée la bibliothèque universitaire de Grandmont en 2023, se compose de 4 séries : 
-    Série A : 49 portefeuilles de format raisin en papier bleu 
-    Série B : 13 volumes de formats divers recouverts de papier blanc cassé 
-    Série C : (sous-séries C1 – C2 – C3 – C4 – C5 et Ch (champignons) : 32 portefeuilles
-    Série I (images) : 6 portefeuilles
Soit 100 portefeuilles au total. 

LES AUTEURS : 

1. François Joseph DEROUET, né à Tours le 4 décembre 1773 ; décédé à Tours le 20 novembre 1860, connu sous le nom de « DEROUET-PICAULT »
Il est diplômé de l’école polytechnique en 1793 comme lieutenant du Génie et il est nommé capitaine en 1794. Fait prisonnier à Landrecies par les armées autrichiennes et hollandaises, il reste 14 mois à Pest en Hongrie avant d’être libéré le 27 décembre 1795. Revenu à Tours, il épouse en 1806 Claire Picault originaire de Saint-Domingue et quitte l’armée.
Il devient directeur des contributions indirectes (inspecteur des tabacs) à Rodez (Aveyron) jusque vers 1815, puis revient en Touraine où il demeure dans le château de Rosnay sur la commune de Rochecorbon dont il est le maire jusqu’à son décès.
Dans les années 1830, Derouet-Picault était certainement le botaniste tourangeau qui connaissait le mieux la végétation des environs de Tours. En 1832, il rédigea un catalogue des plantes qu’il connaissait en Touraine et le remit à la Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d’Indre-et-Loire. Cet ouvrage fut à l’origine de la première Flore d’Indre-et-Loire, publiée en 1833 par le naturaliste Félix Dujardin. « Derouet-Picault mit également son herbier à la disposition des membres de la commission chargée de rédiger cette Flore et il se rendit à toutes leurs réunions » (Tourlet, 1905) .


Frédéric DEROUET, né à Tours le 3 mai 1779 ; décédé à Parçay-Meslay le 4 septembre 1861, frère du précédent.
Il est lui aussi diplômé de l’école polytechnique en 1795 comme lieutenant du Génie. Capitaine en 1801. Il sert pendant les campagnes militaires en Hollande (1807) puis au Portugal (1809). Il obtient la Légion d’honneur en 1809. Il est nommé chef de bataillon en 1828 et prend sa retraite de l’armée en 1837. Il revient alors en Touraine et se consacre à l’agriculture. Il est élu conseiller général (canton de Vouvray).

Frédéric DEROUET, né à Tours le 30 janvier 1811 ; décédé à Vouvray le 1er mai 1875, fils du précédent, et neveu de Derouet-Picault
Lui aussi étudie à l’école polytechnique, dont il sort en 1830 comme lieutenant d’artillerie mais démissionne de l’armée. Il exerce comme inspecteur des lignes télégraphiques à Tours jusqu’en 1839 et avocat à la Cour d’Appel de Paris.
Il est élu conseiller général (canton de Vouvray) et maire de Vouvray de 1870 à sa mort. 
Membre de la commission administrative du Jardin botanique de Tours à partir de 1850, il devient également membre de la Société botanique de France depuis sa création en 1854.

Frédéric Derouet n° 1 aida Derouet-Picault dans la collecte des plantes. 
Frédéric Derouet n° 2 hérita de l’herbier de son oncle et l’enrichit de nombreux exsicata envoyés par des botanistes français et étrangers.


HISTOIRE DE l’HERBIER

Après le décès de Frédéric Derouet n°2, son gendre Ernest SCHOELCHER lègue l’herbier à la ville de Tours qui l’accepte : « Cet herbier, très important, a une valeur scientifique réelle.  Le Conseil accepte avec reconnaissance ce don gracieux et il invite l’administration municipale à transmettre aux généreux donateurs l’expression de sa gratitude ». 
David Barnsby, directeur du jardin botanique de la ville, l’installe en 1866 au jardin botanique, au rez-de-chaussée de l’ancien bâtiment d’habitation du jardinier-chef. En 1900, le botaniste Tourlet souhaitait déjà « qu’on le mît à l’abri de la destruction dont il est menacé ». Peu avant 1968, Marius Bertola, directeur du jardin, souhaite aménager une salle de cours dans le rez-de-chaussée. Il fait déménager l’herbier, qui passe dans le grenier d’un bâtiment annexe appartenant au jardin botanique.
 La collection demeure dans des conditions assez précaires jusqu’en 1973. 
Une grande partie (celle correspondant aux dossiers paraissant les mieux conservés) est alors déplacée à la bibliothèque universitaire de médecine et de pharmacie et un document faisant le point sur les 94 dossiers existant est remis à la bibliothécaire. 
- le reliquat est entreposé dans le grenier d’un bâtiment annexe du jardin botanique, rue Saint-François. 
En 1991, les dossiers conservés à la bibliothèque de médecine sont transférés, d’abord à la bibliothèque municipale de Tours, puis dans les greniers de l’hôtel de ville de Tours. Le 5 juillet 2012, dans le cadre du projet national e-ReColNat patronné par le Muséum national d’histoire naturelle de Paris, ils sont expertisés par M.  Marc Pignal (MNHN), qui affirme que la collection présente une valeur certaine du fait de sa richesse en types nomenclaturaux. 
Cette même année 2012, le reliquat de la collection conservé au jardin botanique est rapporté à la bibliothèque universitaire de sciences-pharmacie à Grandmont et réuni à d’autres herbiers patrimoniaux. La deuxième partie de la collection, conservée par la ville de Tours, est ensuite réunie à la première grâce à une convention de dépôt établie entre la ville et l’université en 2023.