Paul-Etienne VILLIERS DU TERRAGE
Herbier Villiers du Terrage
Cote : FPH-VT-1 à 43
HERBIER VILLIERS DU TERRAGE
DESCRIPTION
Nombre de dossiers 43 boites cartonnées
Nombre de parts 7926 dont 4 091 sans localisation précise
Nombre d’espèces environ 6400
Zone géographique France et Monde
Période de collecte Dates extrêmes : 1811 -1912
Contenu Phanérogames ; quelques Ptéridophytes. Le 41e dossier (Algues, Mousses et Lichens) qui ne comporte que très peu d’indications n’a pas été pris en compte
Classification Système de Jussieu adopté par Villiers du Terrage. Barnsby reclasse l’herbier en suivant l’index generum phanerogamarum : usque ad finem anni 1887 promulgatorum in Benthami et Hookeri "genera plantarum" fundatus cum numero specierum synonymis et area geographica de Théophile Durand, ...
Localisation bibliothèque universitaire de Grandmont
HISTOIRE DE l’HERBIER
Le Vicomte Paul-Etienne Villiers du Terrage, homme politique et homme de science, a confectionné un volumineux herbier auquel il était très attaché. Cet herbier renferme des plantes qu’il a récoltées toute sa vie dans la nature ou dans divers jardins botaniques, et qu’il a complété par les envois de divers botanistes.
Après sa mort, sa fille, la baronne Auvray qui habitait en Touraine le conserve jusqu’à ce que, devenue très âgée, elle charge en 1894 le professeur David Robert Barnsby, directeur du jardin botanique de Tours, de faire part au maire de Tours de son intention « d’offrir l’herbier de son père » (Archives municipales de Tours, 2R 259. Lettre de Robert Barnby, datée 22 août 1894).
David Robert Barnsby le remet en état à partir de 1903, annote chaque récolte, y intègre quelques 900 planches de son propre herbier. Lui- même meurt en 1916.
Pour une raison non élucidée et à une date inconnue, l’herbier de Villiers du Terrage et le propre herbier de David Barnsby sont envoyés au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Vers 1980, les deux herbiers sont donnés au Laboratoire de biologie végétale de l’université d’Orsay. Le 21 mars 1996, Jean-Baptiste de Vilmorin les complète avec cinq cartons de l’herbier de Villiers du Terrage que conservait l’abbaye de la Trappe.
Menacés de destruction, les herbiers sont sauvés par le botaniste tourangeau François Botté qui les ramène à Tours en juin 1999. Entreposés d’abord à la Faculté des sciences puis à la bibliothèque Sciences-Pharmacie sur le site Grandmont de l’Université de Tours, ils ont été analysés à partir de 2013. Les anciennes couvertures des dossiers ont été enlevées et les parts d’herbier placées dans des boites d’archives. Les données ont été informatisées sur Excel en 2015 et révisées en 2020 puis 2025.
ETAT MATERIEL
43 dossiers cartonnés verts, (46 cm de hauteur ; 30, 5 cm de largeur) portant au dos l’inscription : « Herbier de M le Vicomte de Villiers du Terrage » et la précision « revu et annoté par D. Barnsby, 1903 », et les familles représentées.
ETIQUETAGE
Plantes tenues par des bandelettes fixées par des épingles ou collées sur des papiers de bonne qualité
En général, une ou plusieurs étiquettes : celle de Villiers du Terrage : « Herbier général Système de Jussieu », parfois celle du collecteur s’il n’est pas Villiers du Terrage, et souvent une étiquette de Barnsby donnant les synonymes de l’espèce (souvent plusieurs erreurs) et des précisions.
AUTEUR : Paul-Etienne de Villiers-du-Terrage
Né à Versailles, paroisse Saint-Louis (actuel département des Yvelines), le 25 janvier 1774, décédé à Tours le 20 décembre 1858, Paul-Étienne de Villiers du Terrage est le fils de Marc Étienne de Villiers du Terrage, avocat au Parlement et premier commis des Finances royales. Sa femme est une tourangelle, Suzanne Rose de Villantrois.
Sous la Révolution française, Paul-Étienne de Villiers du Terrage est d’abord commis au ministère de l’Intérieur. Pris par la conscription, il est blessé au siège de Landrecies (Nord) en avril 1794. Il est réformé et reprend son poste au ministère.
De 1799 à 1804, il est secrétaire de Joseph Fouché et chargé de missions secrètes par Napoléon. Il est commissaire général de la police des ports de la Manche de 1804 à 1810, directeur général de la police en Hollande de 1810 à 1814, préfet de la Mayenne pendant les Cent-jours, puis préfet des Pyrénées-Orientales (1815-1818), du Doubs (1818-1820) et du Gard (1820-1824) sous la Restauration. Il est nommé maitre des requêtes au Conseil d’État en 1824 et devient vicomte en 1825. A début du règne de Louis-Philippe, il est brièvement préfet de Lille. En 1834, sa fille Pauline Olympe Clémentine épouse à Paris le baron Anatole Louis LeMans Auvray, membre du conseil d’arrondissement de Tours. Villiers du Terrage est élevé à la dignité de pair de France en 1837, année où il perd sa femme, Jeanne Joséphine Olympe Jars. C’est à cette époque qu’il prend l’habitude de faire retraite tous les ans à l’abbaye de La Trappe à Soligny.
Après la Révolution de 1848, il se retire à Tours où, à la demande du maire, il réorganise le musée d’histoire naturelle de la ville et en reclasse les échantillons (1852-1853). Il parvient aussi à préserver l’existence du jardin botanique menacé de fermeture à cause de conflits entre la municipalité et l’hospice de Tours, propriétaire du jardin. Appelé à siéger au sein de la « commission consultative » créée le 8 mars 1850 par la commission administrative de l’hospice, il résout d’abord des problèmes techniques puis use de ses talents de diplomate pour négocier la transformation du jardin en établissement municipal avec une participation financière à parts égales de la Ville et du Conseil Général. Il en prend la direction le 5 novembre 1853 et la redonne dans une atmosphère apaisée à Paul Tassin le 25 octobre 1855. Demeuré directeur honoraire, il aide à la reconstitution des collections botaniques du jardin, détruites par l’inondation du 4 juin 1856.
Villiers du Terrage a aussi été un homme de science passionné par :
- L’archéologie. Il encourage des fouilles à Ruscino (Pyrénées-Orientales) et à Mandeure (Doubs), fait dresser les plans de l’aqueduc romain d’Arcier près de Besançon, et encourage la sauvegarde de la Maison Carrée et des arènes de Nîmes.
- La minéralogie et la géologie. Au cours de son séjour dans le Gard, il rédige une Notice sur une coquille du cabinet de Nîmes et offre des minéraux à la ville en 1824. Il est membre de la Société géologique de France dès sa création en 1831. Ses collections sont citées par Alcide d’Orbigny en 1842, Ami Doué et Adolphe Brongniart en 1836.
- La botanique. Il herborise dans tous les endroits où le mènent ses activités et devient membre de la Société botanique de France à sa création en 1854.
SOURCES
Académie de Touraine. Dictionnaire des scientifiques de Touraine, Tours, 2017, PUFR ed., Notice Villiers du Terrage, p. 402-403
RIDEAU Marc. Paul-Etienne Villiers du Terrage (1774-1858), Police, politique et botanique, Mémoires de l’académie des sciences, arts et belles-lettres de Touraine, t. 29, 2016, p. 125-142.
VILLIERS DU TERRAGE, Fastes de la pairie, Villiers du Terrage, Encyclopédie biographique du dix-neuvième siècle ; bureau de l’Encyclopédie biographique, 1844.